• On voit tous...

    On voit tous...

    Tout le monde voit cette femme. Armée de ses talons aiguilles, sa cheville droite flanche sur le côté lorsqu'elle pose son pied à terre. Elle marche vite, très vite. Elle tape vite, très vite sur son téléphone. Sa jupe étroite descendant jusqu'à ses genoux ne lui permet que de faire des petits pas. Quelque fois elle s'arrête, tape encore plus vite, et repart. Elle porte toujours sa petite pochette noir, qui ne lui sert surement pas à grand chose. Ses cheveux blond entremêlé d'un chignon lui donne un air important. D'un tailleurs sombre, on la remarque pourtant. Tout le monde voit ce bébé. De ses pleures s'échappe un bruit strident. Un cri surement. Il garde les yeux fermé, pourtant ses larmes arrivent à couler. Sa mère essaye de le bercer, mais il se remet à pleurer. Il commence doucement, quelques petits sanglotements. Puis sa tête devient rouge, ses pieds et ses mains s'agitent puis c'est la cacophonie. Il fait du bruit, pourtant on le regarde quand même. On le trouve mignon bien qu'il affiche un regard crispé. Habillé de son body, on le remarque pourtant. Tout le monde voit ce jeune. Les écouteurs aux oreilles, et le skate sous le bras. Il avance doucement. Il semble que personne n'est présent autour de lui. Dans son monde à lui, tout à l'air permis.  Un peu lunaire, il bouge même sa tête de gauche à droite, parfois faisant des cercles, au rythme de la musique. Il marmonne quelque parole son sac à dos sur les épaules. Celui-ci à l'air chargé, surement a t-il eu une grosse journée. Il regarde beaucoup autour de lui. Pourtant ses baskets ne font pas de bruit. Parfois il croise quelqu'un, alors ils se tapent dans la mains. Tee-shirt et jean, on le remarque pourtant. Tout le monde voit cet homme. Il marche d'un pas assuré, cependant on ne sait jamais quelle direction il prend. Sa tête reste toujours relevée. On dirait que rien ne peut l'empêcher. Ses bras font de grands mouvements. Frôlant son jean, ils provoquent un petit crissement. La semelle en bois de ses chaussures claque sur le sol. Il n'en prend pas conscience, il marche assurément. Dans sa main, il tient des papiers qu'il ne laissera pas s'envoler. Muni d'une veste en cuir, on le remarque pourtant. Tout le monde voit cette petite fille. Elle court partout avec la joie de vivre. Elle parle assez fort, mais se fond dans le décor. Elle fait des aller et des retour pour rejoindre sa mère. Quelque fois, elle tombe par terre mais se relève sans chagriner. Elle se croit dans un monde à côté. Elle voit la vie en rose, elle même vêtu de rose. Des petites fleurs dans les cheveux, on la remarque pourtant. Tout le monde voit cette vieille dame. Recourbée sur sa canne elle marche lentement. Elle regarde délicatement les passant portant sur eux toute son attention. Elle affiche tendresse et affection. Elle ne quitte pas ses longues jupes, ces gros pull et ces chaussures à grosse semelle. Elle s'arrête souvent pour reprendre son souffle. Puis elle s’emmitoufle dans son étole et reprend du même rythme. Ces cheveux gris et ondulés viennent souvent cacher sa figure. Elle doit en avoir du vécu, et à du vivre beaucoup d'aventure. Tirant son chariot, on la remarque pourtant. Et moi, assis sur mon trottoir, vêtu de souillon et d'habits noirs, on ne me remarque pas.


    Au moment des fêtes j'avais l'idée de décrire une scène de noël comme chaque famille (ou presque) peut vivre tout les ans, mais vu par un sans domicile fixe. Et puis en commençant à l'écrire je me suis rendu compte que cette idée ne me plaisait pas. C'est quelques jours après que j'ai eu l'idée de faire ce texte. J'espère qu'il vous a plu, n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce second jet. N'hésitez pas non plus à proposer vos thèmes ou vos images sur le forum, ça m'aidera peut être à avoir de l'inspiration! 

    A bientôt, des bisous!

     


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  • Commentaires

    1
    Mardi 12 Janvier 2016 à 16:32

    C'est à la fin, ou tu dis : " mais moi  on ne me voit pas" que j'ai compris que tu parlais d'un sans abri ... Ces pauvres gens, qui ne demande que de l'aide et qu'on rejette, maintenant, j'ai honte, moi qui ai peur d'eux ...

      • Mardi 12 Janvier 2016 à 19:34

        C'est ce que je recherche qu'on ignore que ce soit un sans abris au début, comme on peut l'ignorer. Après je ne pense pas qu'il faut avoir peur d'eux, enfin certes certains peuvent avoir des comportements dangereux mais ce n'est qu'une minorité. Mais je pense aussi qu'on ne porte pas assez attention à eux, après c'est mon point de vue... 

      • Mercredi 13 Janvier 2016 à 18:05

        Oui, je suis d'accors avec toi sur le fait qu'ils soient minorité a être dangereux mais ... je sais pas :/ Mais, comme tu dis, ils sont bien trop souvent oubliés :/

    2
    Vendredi 5 Février 2016 à 15:48

    Le début et le milieu me plaisait beaucoup, j'arrivais bien à visualiser avec les descriptions et c'est des personnes qu'on voit tous les jours dans la rue. La fin est un peu triste mais vrai en effet..

    C'est très bien écrit je pense. :)

      • Vendredi 5 Février 2016 à 19:27

        Oui c'est ce que je cherchais :) Merci en tout cas ton commentaire me fait très plaisir ;)

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    3
    Vendredi 5 Février 2016 à 20:28

    De rien. :)

    4
    Dimanche 17 Avril 2016 à 09:53

    Wow, je trouve l'idée vraiment super original. La petite phrase de transition entre chaque description est aussi très bien trouvée ! Et on se demande vraiment où ça va arriver, quelle va être la chute. Et ce que j'aime bien aussi, c'est que tu décris le sans abris avec une seule phrase seulement tandis que les autres en ont au moins cinq ou six. Très bien écrit, bravo !

     

      • Dimanche 17 Avril 2016 à 16:22

        Merci beaucoup, ton commentaire me fait extrêmement plaisir! C'est le but de se demander où on arrive, parce qu'on s'attend à de toutes autres descriptions, sauf celle-ci. Merci encore!

    5
    Dimanche 17 Avril 2016 à 16:49

    Personnellement, je ne m'attendais à rien du tout. Vraiment, on ne sait pas du tout comment ce texte peut bien finir !

      • Dimanche 17 Avril 2016 à 23:00

        Oui c:

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